Pourquoi certaines périodes de transition nous donnent-elles l’impression de perdre nos repères?

Il arrive un moment où ce qui fonctionnait jusque-là ne fonctionne plus tout à fait.
Un travail qui nous convenait devient lourd. Une relation à laquelle nous étions profondément attachés semble ne plus correspondre à la personne que nous devenons. Certaines ambitions perdent leur pouvoir d’attraction. Des décisions autrefois évidentes deviennent difficiles à prendre.
Parfois, rien n’a même réellement changé extérieurement.
Et pourtant, intérieurement, quelque chose a bougé.
C’est souvent là qu’apparaissent des questions comme :
« Pourquoi est-ce que je ne me reconnais plus? »
« Pourquoi ai-je envie de changer alors que tout semblait fonctionner? »
« Pourquoi ce qui me motivait auparavant ne me nourrit-il plus de la même manière? »
« Est-ce que je suis en train de tout remettre en question inutilement? »
Nous interprétons facilement ces périodes comme une perte de repères.
Mais si elles correspondaient plutôt à un changement de repères?
Nous ne traversons pas toute notre existence avec les mêmes enjeux
Nous avons tendance à penser notre identité comme quelque chose de relativement stable.
Nous savons qui nous sommes, ce que nous aimons, ce que nous savons faire, ce que les autres attendent de nous et, progressivement, nous construisons notre vie autour de ces repères.
Pourtant, nous évoluons.
Dans l’approche de profilage que j’utilise, une trajectoire ne se résume pas à un seul indicateur, ni même à une année personnelle.
Elle se comprend plutôt comme une architecture composée de plusieurs dimensions qui interagissent entre elles.
Notre personnalité influence notre manière d’entrer en relation avec le monde.
Notre tempérament colore notre façon de réagir, de décider et de mobiliser nos ressources.
Nos habiletés indiquent certaines capacités que nous pouvons naturellement mettre au service de nos projets, de notre travail ou des autres.
Nos motivations profondes renseignent sur ce qui nous anime intérieurement.
Et notre destin représente une sphère d’accomplissement : une direction générale dans laquelle certaines dimensions de nous-mêmes cherchent progressivement à prendre leur place.
Mais cette architecture ne s’exprime pas exactement de la même façon pendant toute notre existence.
Car à travers elle se succèdent également des phases de vie et des défis.
Et lorsque ceux-ci changent, notre rapport à nous-mêmes et à notre environnement peut lui aussi être profondément modifié.
Une nouvelle phase peut demander quelque chose que l’ancienne ne demandait pas
Certaines périodes nous invitent davantage à construire.
D’autres à nous affirmer.
À développer notre autonomie.
À prendre davantage de responsabilités.
À nous repositionner.
À transmettre.
À nous détacher de certaines structures.
Ou encore à redéfinir ce que signifie, pour nous, réussir ou nous accomplir.
Parallèlement, les défis rencontrés au cours de ces différentes périodes peuvent eux aussi évoluer.
C’est une distinction importante.
La phase représente le contexte dans lequel nous évoluons. Le défi met davantage en lumière ce que nous devons apprendre à traverser, équilibrer ou développer dans ce contexte.
Lorsque les deux se transforment, nous pouvons donc nous retrouver devant une situation paradoxale :
nous sommes toujours la même personne…
mais ce qui nous permettait d’avancer auparavant ne semble plus produire les mêmes résultats.
Et c’est précisément là que la neuroscience apporte un éclairage particulièrement intéressant.
Notre cerveau préfère naturellement les chemins qu’il connaît
Notre cerveau apprend notamment par répétition.
Lorsqu’un comportement, une manière de réfléchir ou une réponse est régulièrement mobilisé, les réseaux neuronaux concernés se renforcent et cette réponse devient progressivement plus accessible.
C’est l’un des mécanismes qui participent à l’apprentissage et à la formation des habitudes.
Autrement dit, notre cerveau devient particulièrement efficace pour emprunter les chemins qu’il connaît déjà.
Et ce phénomène ne concerne pas uniquement des gestes simples.
Au fil des années, nous consolidons également des façons de décider, de réagir à certaines situations, d’interagir avec les autres et de nous comporter dans différents contextes.
À cela s’ajoute quelque chose de profondément humain : l’identité que nous avons construite autour de ces comportements.
Je suis quelqu’un qui…
Dans ma famille, mon rôle est de…
Professionnellement, j’ai toujours été…
Les autres peuvent compter sur moi pour…
À mon âge, je devrais déjà…
Certains de ces repères existent depuis dix, vingt, trente ans ou davantage.
Ils sont devenus familiers.
Et ce qui est familier peut facilement être confondu avec ce qui est juste pour nous.
Que se passe-t-il alors lorsqu’une partie de nous demande autre chose?
C’est ici que la transition devient particulièrement intéressante.
Une partie de nous peut commencer à être attirée vers une nouvelle direction alors que notre fonctionnement habituel continue à privilégier ce qu’il connaît déjà.
Quelque chose commence à nous dire :
« Je ne veux plus continuer exactement comme avant. »
Mais presque immédiatement, une autre voix répond :
« Pourtant, cela a toujours fonctionné. »
Ou :
« Qu’est-ce que les autres vont penser? »
« Pourquoi changer maintenant? »
« Et si je faisais une erreur? »
« Qui suis-je pour prétendre à autre chose? »
La transition ne devient alors pas uniquement un changement de circonstances.
Elle peut devenir un véritable conflit entre continuité et évolution.
Lorsque changer ressemble à trahir
Il existe également une dimension sociale dont on parle beaucoup moins.
Nous ne construisons jamais notre identité complètement seuls.
Notre famille, notre environnement professionnel, notre couple, notre culture et les personnes qui nous entourent participent également à renforcer certaines représentations de qui nous sommes.
Lorsque nous commençons à changer, nous ne modifions donc pas uniquement notre propre équilibre.
Nous pouvons également perturber celui des personnes qui nous connaissent depuis longtemps.
La personne qui a toujours été disponible commence à poser des limites.
Celle qui a construit son identité autour d’une profession envisage une autre voie.
Celle qui privilégiait constamment la sécurité ressent maintenant un profond besoin d’autonomie.
Celle qui répondait naturellement aux attentes des autres commence à se demander :
« Et moi, qu’est-ce que je veux réellement? »
C’est ici que peuvent apparaître certains conflits de loyauté.
Changer peut parfois donner l’impression de trahir notre famille, notre éducation, notre milieu professionnel, certaines attentes sociales…
ou même une ancienne version de nous-mêmes.
Et puis apparaît parfois le sentiment d’imposture
Une nouvelle phase peut également nous conduire vers un territoire dans lequel nous n’avons pas encore accumulé suffisamment d’expériences pour nous sentir totalement légitimes.
Nous savons fonctionner dans notre ancien rôle.
Nous savons comment nous comporter dans notre ancien environnement.
Nous connaissons les codes.
Puis nous décidons de prendre une nouvelle place.
Et soudain :
« Qui suis-je pour faire cela? »
Le sentiment d’imposture peut alors apparaître précisément au moment où nous essayons d’occuper une place qui ne nous est pas encore familière.
Ce sentiment n’indique pas nécessairement que nous sommes sur la mauvaise voie.
Il peut aussi apparaître parce que notre identité n’a pas encore eu le temps de s’ajuster à ce que nous sommes en train de construire.
Le piège : résoudre une nouvelle phase avec les stratégies de l’ancienne
C’est probablement l’un des mécanismes les plus intéressants des périodes de transition.
Lorsque nous perdons nos repères, notre premier réflexe consiste souvent à chercher à retrouver ceux que nous avions auparavant.
Nous travaillons davantage.
Nous essayons davantage.
Nous reproduisons les comportements qui nous ont permis de réussir jusque-là.
Nous cherchons à retrouver l’ancienne motivation.
Nous essayons parfois même de redevenir la personne que nous étions.
Mais si le contexte intérieur a changé, faire davantage de la même chose ne produit pas nécessairement davantage de résultats.
Et c’est là que peut s’installer une forme d’épuisement.
Nous interprétons alors notre difficulté comme un manque de motivation, de discipline ou de confiance.
Alors que la véritable question pourrait être différente :
Est-ce encore la bonne stratégie pour la phase que je traverse maintenant?
Une période de transition n’efface pas ce que nous sommes
C’est probablement le point le plus important.
Changer de phase ne signifie pas devenir quelqu’un d’autre.
Votre personnalité ne disparaît pas.
Votre tempérament ne disparaît pas.
Vos expériences ne disparaissent pas.
Vos habiletés et vos ressources ne disparaissent pas.
Vos motivations profondes continuent elles aussi à participer à votre trajectoire.
Mais la manière dont toutes ces dimensions sont appelées à s’exprimer peut évoluer.
Une capacité utilisée pendant vingt ans dans un certain contexte peut soudainement trouver une expression complètement différente.
Une expérience professionnelle peut devenir la fondation d’une nouvelle activité.
Une qualité longtemps utilisée pour soutenir les autres peut maintenant être nécessaire pour construire son propre projet.
Une ancienne difficulté peut même devenir une source de compréhension et d’expertise.
Ce n’est donc pas nécessairement notre essence qui change.
C’est parfois la façon dont elle cherche à prendre sa place.
Et si vous n’aviez pas perdu vos repères… mais changé de phase?
Cette distinction transforme complètement la manière d’aborder une transition.
Au lieu de demander :
« Comment puis-je redevenir comme avant? »
nous pouvons commencer à nous demander :
« Qu’est-ce qui est en train de changer? »
« Qu’est-ce qui, au contraire, demeure profondément moi? »
« Pourquoi certaines aspirations deviennent-elles plus présentes maintenant? »
« Quels défis semblent se répéter? »
« Quelles capacités ai-je développées que je pourrais désormais utiliser autrement? »
Et surtout :
« Vers quoi suis-je réellement en train d’évoluer? »
C’est à cet endroit qu’une période vécue comme une perte de repères peut progressivement devenir une période de redéfinition.
Mettre une carte sur ce que l’on ressent
Lorsque nous sommes à l’intérieur d’une transition, il est parfois difficile d’en percevoir l’architecture.
Nous ressentons les tensions séparément.
Une perte de motivation ici.
Une envie de changement là.
Une difficulté professionnelle.
Une relation qui évolue.
Un besoin d’autonomie qui devient plus important.
Une impression persistante que quelque chose doit changer sans parvenir à identifier précisément quoi.
Pris séparément, tous ces éléments peuvent sembler contradictoires.
Mis en perspective, ils peuvent raconter une histoire très différente.
C’est précisément dans cette logique que j’ai développé le Profil Signature®.
Cette analyse ne cherche pas à décider de votre avenir à votre place.
Elle vise plutôt à mettre en relation différentes dimensions de votre fonctionnement : vos forces naturelles, vos motivations, vos habiletés, certains schémas susceptibles de limiter votre progression, vos leviers de développement, les opportunités favorables à votre évolution et les défis qui peuvent accompagner votre parcours.
L’objectif est de faire apparaître une architecture là où vous ne percevez peut-être actuellement qu’une succession de questionnements.
Être perdu ou être en transition?
Il existe une différence importante entre être perdu et être en transition.
Être perdu suppose que nous n’avons plus de direction.
Être en transition peut simplement signifier que les repères avec lesquels nous avons construit une partie de notre vie ne suffisent plus à comprendre celle qui est en train de commencer.
Et cette nuance est fondamentale.
Parce que nous pouvons alors cesser de consacrer toute notre énergie à retrouver l’ancienne version de nous-mêmes…
pour commencer à comprendre celle qui cherche maintenant à émerger.
Vous traversez actuellement une période où ce qui fonctionnait auparavant ne semble plus vous correspondre?
Le Profil Signature® — Clarifiez votre fonctionnement naturel et votre vision stratégique est une consultation privée de deux heures accompagnée d’un rapport personnalisé. Il permet d’explorer vos forces, vos motivations, vos schémas, vos leviers de développement, vos opportunités et vos défis afin de remettre en perspective votre trajectoire personnelle et professionnelle.
Parce que parfois, nous n’avons pas besoin qu’on nous dise quelle direction prendre.
Nous avons d’abord besoin de comprendre pourquoi notre ancienne carte ne correspond plus au territoire que nous sommes en train d’explorer. Josée Marie Bisson Profil signature: https://www.ciah.store/service-page/profil-signature?referral=service_list_widget
Analyse Signature Approfondie https://www.ciah.store/service-page/analyse-signature-approfondie?referral=service_list_widget




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