𝐒𝐮𝐢𝐬-𝐣𝐞 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐥𝐞… 𝐨𝐮 𝐚𝐢-𝐣𝐞 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐚̀ 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐬𝐢𝐫 ?
Ce matin, mon mari m’a posé une question toute simple :
« Tu préfères lequel ? Celui à la fraise ou celui à la pêche ? »
Et sans même réfléchir, j’ai répondu :
« Celui à la fraise. »
Point.
Pas de « prends celui que tu veux ».
Pas de « ça m’est égal ».
Pas de « je vais prendre celui qui reste ».
La fraise.
Et étrangement, quelques secondes plus tard, cette histoire de yogourt m’a fait réfléchir.
Parce qu’au fond, depuis quand avons-nous appris à croire que savoir ce que l’on veut fait de nous des personnes difficiles ?
« Mange ce qu’il y a dans ton assiette. »
Je me souviens de mon enfance.
On mangeait ce qui était servi.
Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on mangeait.
On ne gaspille pas.
On ne fait pas la fine bouche.
On prend ce qu’il reste.
Et cette règle ne concernait pas uniquement la nourriture.
Elle était partout.
Dans les vêtements qu’on portait.
Dans les chaussures qu’on acceptait.
Dans le matériel scolaire qu’on nous donnait.
Dans les activités qu’on faisait.
Dans les gens qui entraient dans notre vie.
On apprenait surtout à être accommodant.
À ne pas déranger.
À faire plaisir.
À laisser le meilleur à l’autre.
Et surtout…
À ne pas être « difficile ».
Alors on développait cette étrange capacité à dire :
« Ça m’est égal. »
Même quand ça ne nous était pas égal.
On disait :
« Comme tu veux. »
Alors qu’on savait très bien ce qu’on voulait.
« Choisis, moi ça me va. »
Alors qu’au fond, on aurait aimé choisir.
Et petit à petit, sans même s’en rendre compte, on apprenait à se couper de notre propre discernement.
Aujourd’hui, je ne veux plus prendre ce qui reste.
Je fais partie de celles qui ont rompu avec ce vieux pacte.
Je suis devenue celle qui sélectionne.
Celle qui dit non.
Celle qui peut parfois déranger parce qu’elle ne prend pas automatiquement ce qu’on lui propose.
Et oui, ça peut être inconfortable.
Parce que lorsque nous commençons à choisir réellement, certaines personnes ne comprennent pas.
Elles étaient habituées à notre disponibilité.
À nos compromis.
À nos « comme tu veux ».
Alors quand nous commençons à dire :
« Non, ça ne me convient pas. »
Il peut y avoir des réactions.
Mais peut-être que le problème n’est pas notre sélection.
Peut-être que le problème, c’est qu’on nous a tellement habitués à nous adapter que notre discernement ressemble soudainement à de l’égoïsme.
Pourtant…
Sélectionner n’est pas rejeter.
Dire non n’est pas manquer de respect.
Savoir ce que l’on aime n’est pas être difficile.
C’est simplement se connaître.
Et cela va bien au-delà d’un yogourt.
Avec le temps, j’ai compris que nous sélectionnons constamment ce qui entre dans notre monde.
Les aliments que nous mangeons.
Les endroits où nous allons.
Les conversations auxquelles nous participons.
Les informations que nous consommons.
Les projets auxquels nous donnons notre énergie.
Mais surtout…
les personnes auxquelles nous donnons accès à notre espace intérieur.
Et ça, c’est peut-être l’une des sélections les plus importantes de notre vie.
Parce que toutes les personnes ne sont pas destinées à marcher avec nous à chaque étape de notre évolution.
Certaines personnes nous accompagnent pendant une période.
Elles nous enseignent quelque chose.
Elles nous aiment à leur façon.
Elles font partie de notre histoire.
Puis un jour, notre chemin change.
Notre conscience évolue.
Nos valeurs se précisent.
Nos aspirations deviennent différentes.
Et nous réalisons que certaines relations ne nous nourrissent plus de la même façon.
Ce n’est pas nécessairement parce que l’autre est mauvais.
Ce n’est pas parce que nous sommes meilleurs.
C’est simplement que nous ne vibrons plus au même endroit.
Et ça aussi, il faut apprendre à l’accepter.
Nous avons le droit de choisir les personnes qui gravitent près de nous.
Des personnes qui nous inspirent.
Qui nous élèvent.
Qui nous permettent d’être pleinement nous-mêmes.
Des personnes avec lesquelles nous pouvons grandir.
Des personnes qui nourrissent notre esprit plutôt que de constamment le vider.
Parce que notre environnement finit toujours par avoir une influence sur nous.
Alors oui…
Je sélectionne.
Je sélectionne ce que je mange.
Ce que je porte.
Ce que je regarde.
Ce que j’écoute.
Ce à quoi je donne mon temps.
Ce à quoi je donne mon énergie.
Et les personnes à qui je donne une place dans ma vie.
Pas parce que je me crois meilleure.
Mais parce que je suis devenue suffisamment consciente pour savoir que tout ne mérite pas nécessairement mon espace intérieur.
Et puis il y a eu… le yogourt.
Ce matin, mon mari m’a demandé :
« Fraise ou pêche ? »
Et j’ai choisi la fraise.
Tout simplement.
Et je me suis dit :
Tiens… avant, j’aurais probablement dit : “Prends celui que tu veux, je prendrai ce qu’il reste.”
Parce que c’est ce qu’on m’avait appris.
Laisser.
S’adapter.
Ne pas déranger.
Faire passer l’autre avant soi.
Aujourd’hui, je peux simplement dire :
« Je préfère la fraise. »
Et laisser l’autre choisir la pêche.
Sans culpabilité.
Sans justification.
Sans avoir besoin de me convaincre que la pêche me convient aussi.
Parce qu’elle ne me convient pas.
Je préfère la fraise.
Et finalement, peut-être que la vie est remplie de petits « yogourts à la fraise » qui nous demandent simplement :
Qu’est-ce que TOI, tu préfères ?
Et peut-être qu’il est temps d’arrêter de répondre :
« Peu importe. »
Alors…
Suis-je difficile ?
Ou ai-je simplement développé l’habileté de sélectionner ce qui est réellement aligné avec moi ?
Aujourd’hui, je choisis de croire que ce n’est pas la même chose.
Je ne suis pas difficile.
Je suis devenue sélective.
Et entre vous et moi…
je prendrai la fraise.
Lorsque nous commençons à nous observer avec curiosité, nous découvrons parfois des mécanismes bien plus profonds derrière nos façons de choisir, de fonctionner, de nous positionner et d’entrer en relation.
Et si tu es curieux d’en savoir plus sur tes propres mécanismes, de les comprendre et, lorsque c’est nécessaire, de les ajuster pour être davantage aligné avec qui tu es aujourd’hui…
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Parce qu’au fond, mieux se connaître, c’est aussi apprendre à faire des choix qui nous ressemblent.





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